SUPPRIMER LE TABAC

puceLa plupart d’entre nous connaissent les méfaits du tabac sur notre santé — des petits maux (aspect de la peau ou des dents, etc.) aux accidents graves (risques cardio-vasculaires et cancéreux).

puceEn France, le tabac est responsable du décès d’environ 180 personnes chaque jour. Il est la première cause de mortalité évitable. En moyenne, un fumeur régulier sur deux meurt prématurément des causes de son tabagisme. Durant le siècle passé, le tabac a causé 100 millions de morts dans le monde.

puceQuand on est encore jeune, les méfaits de la cigarette ne se manifestent pas clairement. Mais les complications commencent à apparaître 20 à 30 ans après le début du tabagisme.

puceMais pourquoi est-il si difficile d’arrêter de fumer ? Quelle méthode faut-il choisir pour gagner la bataille contre le tabagisme ? Les réflexions suivantes vous aident à analyser votre dépendance, à préparer un plan d’action, à vous mobiliser en renforçant votre motivation, à trouver enfin la méthode efficace pour votre cas personnel et triompher du tabac en évitant les rechutes.

Nicotine et manque 
  • Le tabac est considéré comme une drogue licite dans de nombreux pays. Son principal alcaloïde, la nicotine, possède un effet psychoactif de stimulation cérébrale et simultanément de relaxation physique. L’accoutumance du système nerveux central à la nicotine est très rapide : quelques cigarettes peuvent suffire à entraîner une dépendance physique, puis ultérieurement psychologique. Des additifs sont ajoutés par les fabricants dans le but d’intensifier la dépendance des consommateurs. C’est le cas de l’ammoniac, qui permet l’inhalation de la fumée sans provoquer de toux et facilite l’absorption de la nicotine.
  • Le sevrage se traduit par une impression de manque, au réveil notamment, ce manque pouvant se manifester par des troubles de la concentration, irritabilité, constipation, insomnie, envie irrésistible de fumer. Les symptômes de manque peuvent être diminués en grande partie par l’utilisation de nicotine pharmaceutique. Mais passés les premiers jours, l’utilité des aides médicamenteuses reste minime. En cas de difficulté, il est souhaitable de rechercher un accompagnement par une personne compétente (tabacologue, psychologue, etc…).
  • Il est intéressant de noter qu’une envie de fumer passe après 2 ou 3 minutes de patience.

 

Risques respiratoires 
  • Sphère ORL : le tabac est un irritant, provoquant laryngites, altération de la voix. Des études, tenues secrètes par les industriels du tabac, mais révélées en novembre 2004, décrivent que «des rats soumis à une atmosphère enfumée auraient […] montré des lésions des muqueuses nasales plus importantes que celles observées chez des rongeurs inhalant directement la fumée du tabac». Cette irritation chronique est propice à la formation des cancers du pharynx et du larynx.
  • Poumons : Les dépôts de goudron irritent les voies respiratoires et favorisent l’apparition d’infections pulmonaires, puis de la bronchite du fumeur, provoquant une hypoventilation des tissus et une diminution de la résistance aux exercices physiques. À long terme, les bronchites deviennent chroniques pouvant mener à l’insuffisance respiratoire. Le monoxyde de carbone, quant à lui, se substitue à l’oxygène sur l’hémoglobine, et par conséquent diminue l’oxygénation du sang, provoquant un essoufflement.
  • La responsabilité du tabagisme dans la genèse des cancers (en particulier du poumon) a été longue à établir. Les premières études qui lient le tabac au cancer ont été réalisées durant la période de l’Allemagne nazie. Les nazis, attachés à la pureté du corps et à leur volonté de domination du monde sous un mode racial ont effectué une grande quantité de recherches sur le cancer et ont été les premiers à mettre en place des politiques restrictives sur l’usage du tabac. Le rôle cancerigène du tabac a été également suspecté dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, notamment par Richard Doll, épidémiologiste britannique, puis confirmé par des études de vaste envergure dans les années 1950 et 1960. L’intense lobbying des industriels du tabac a cependant sensiblement freiné la diffusion de ces données.

 

 

Risques cardio-vasculaires 

  • Cœur et vaisseaux sanguins : la nicotine provoque une accélération du rythme cardiaque et comporte un effet vasoconstricteur, induisant une sous-alimentation des tissus. Il entraîne en outre une augmentation du taux de graisse dans le sang. Il favorise directement, à long terme, l’apparition et l’aggravation de l’athérome, obstruant progressivement les vaisseaux sanguins, avec toutes les implications : angine de poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite des membres inférieurs… Le risque d’infarctus du myocarde est globalement multiplié par 3 chez le fumeur et de manière moindre en cas de tabagisme passif. Le fait de chiquer augmente également ce risque. En cas d’arrêt de consommation de tabac, le risque décroît mais ne revient pas au niveau d’un non fumeur.
  • En combinaison avec la pilule contraceptive, le tabagisme est un facteur d’apparition de caillots pouvant conduire à une thrombose veineuse profonde (phlébite) ou à une embolie pulmonaire, voire un infarctus du myocarde.

Le grand fumeur (>20 cigarettes par jour) a un risque relatif de maladie coronaire multiplié par 3 (Etude Prospective Parisienne) et un risque relatif multiplié par 2 à 7 de présenter une artériopathie des membres inférieurs.

Ce risque relatif est d’autant plus élevé que le patient est jeune.

Mécanisme de la toxicité artérielle du tabac :

La fumée de tabac a un effet toxique direct sur l’endothélium artériel, l’oxydation des LDL.
Le tabac est aussi un facteur thrombogène favorisant la libération du thromboxane A2 par les plaquettes et augmentant le taux de fibrinogène.

La nicotine diminue le seuil de la fibrillation ventriculaire en cas d’infarctus du myocarde.

Impact du sevrage tabagique :

Le bénéfice est précoce et important : dès la deuxième ou troisième année de sevrage, le risque coronarien ne diffère plus significativement de celui des non fumeurs et, en prévention secondaire, dès la première année après l’accident coronarien le risque est diminué de 50% environ.

Le nombre de vies sauvées par l’arrêt du tabac est supérieur à celui obtenu par correction d’une hypercholestérolémie ou d’une hypertension artérielle.

Altération du sperme 

  • Le tabac peut altérer le sperme et l’ADN qui s’y trouve, ce qui entraîne parfois, dans un deuxième temps, des fausses couches et des anomalies congénitales. Selon certaines études, les fumeurs courent un risque accru d’engendrer des enfants qui auront des cancers. On observe également une diminution du nombre des spermatozoïdes et de la circulation sanguine dans le pénis, à l’origine de problèmes d’impuissance. La stérilité est plus fréquente chez les fumeurs.